CO-006

S. Lamothe*a (Mlle), V. Bernarda (Dr), A. Guilloub (Dr), I. Beaua (Dr), G. Autretc (Dr), D. Grattand (Pr), P. Le Tissiere (Pr), J. Youngf (Pr), N. Binarta (Dr)

a Unité INSERM 1185, Le Kremlin-Bicêtre, FRANCE ; b Institut de génomique fonctionnelle, CNRS, Montpellier, FRANCE ; c Plateforme d'Imagerie du Petit Animal, Unité INSERM 970, Paris, FRANCE ; d Center for Neuroendocrinology, Dunedin, NOUVELLE-ZÉLANDE ; e Center for Integrative Physiology, Edinburgh, ROYAUME-UNI ; f Service d’Endocrinologie et des Maladies de la Reproduction, Le Kremlin-Bicêtre, FRANCE

* sophie.lamothe@u-psud.fr

Objectif. La prolactine (PRL) exerce un rétrocontrôle négatif sur sa propre sécrétion et la prolifération des cellules lactotropes par l’activation du tonus inhibiteur dopaminergique de l’hypothalamus. Des modèles murins et des données in vitro suggèrent que la PRL agirait aussi directement sur la cellule lactotrope via son récepteur (PRLR). Notre objectif est de démontrer cet effet autocrine de la PRL.

Matériel et Méthodes. Nous avons généré au laboratoire un modèle de souris invalidé pour le Prlr spécifiquement dans la cellule lactotrope, la souris pit-Prlr KO (PrlCre/+; Prlrflox/flox). Elle a été obtenue par le croisement de souris Prlrflox/flox avec des souris PrlCre/+ exprimant la recombinase Cre sous le contrôle du promoteur hypophysaire de la PRL. Le phénotype des souris femelles pit-Prlr KO est évalué par le suivi des cycles œstriens, le dosage de la prolactine sérique et la réalisation d’IRM hypophysaires à la recherche d’une hyperplasie ou d’un adénome lactotrope.

Résultats. Dès 6 mois, 25% des souris pit-Prlr KO présentent une hyperprolactinémie versus 0% des contrôles (Prlrflox/flox et PrlCre/+ ; Prlrflox/+). L’hyperprolactinémie est associée à une irrégularité des cycles œstriens chez ces souris. A cet âge, les IRM hypophysaires ne mettent pas encore en évidence d’hyperplasie hypophysaire. Le suivi longitudinal et prospectif à 8, 10 et 12 mois, permettra d’affiner leur phénotype.

Discussion. Cette étude préliminaire confirme l’existence d’un rétrocontrôle négatif de la prolactine sur la cellule lactotrope indépendamment du tonus dopaminergique. Ainsi, un défaut de cette voie de signalisation autocrine pourrait être une cause de survenue de prolactinome chez l’Homme.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.