SY-026

N. Chevalier*a (Pr), F. Brucker-Davisb (Dr), S. Hieronimusb (Dr), R. Paul-Bellonc (Dr), S. Clavelc (Dr), F. Bostc (Dr), P. Fenichela (Pr)

a CHU de Nice - Département d'Endocrinologie-Diabétologie et Reproduction & INSERM UMR U1065/UNS - C3M, Nice, FRANCE ; b CHU de Nice - Département d'Endocrinologie-Diabétologie et Reproduction, Nice, FRANCE ; c INSERM UMR U1065/UNS - C3M, Nice, FRANCE

* chevalier.n@chu-nice.fr

Les premières observations d’un effet gonadique des perturbateurs endocriniens (PE) ont été réalisées dans le règne animal : cryptorchidie, hypospadias et hypofertilité chez les alligators de Floride (DDT, PCB, mercure) ; comportement féminisé des cormorans en Ontario (dioxines). Ces mêmes anomalies étant décrites dans l’espèce humaine, l’équipe de Skakkebaek a émis l’hypothèse que l’hypofertilité observée par altération spermatique était l’une des manifestations d’un trouble du développement des organes génitaux masculins pendant la vie prénatale qu’il a appelé syndrome de dysgénésie testiculaire. Ce syndrome comprend des anomalies du tractus génital (cryptorchidie hypospadias), une hypofertilité ainsi qu’un sur-risque de cancer germinal testiculaire à l’âge adulte. Il serait la conséquence d’une exposition pendant la grossesse à des PE à activité anti-androgénique et/ou estrogéno-mimétique.

Nous avons mis en évidence dans notre équipe que de faibles doses de bisphénol A, comme celle retrouvées chez plus de 95% de la population, sont corrélées à une diminution de l’INSL-3 (une des deux hormones permettant le contrôle de la descente testiculaire) mais également à une augmentation de prolifération des cellules cancéreuses testiculaires à l’âge adulte.

Même s’ils sont probablement plus illustratifs de prime abord, les effets reprotoxiques des PE ne sont pas limités au sexe masculin. En effet, plusieurs études épidémiologiques ont pu mettre en évidence une augmentation des pubertés précoces chez les filles exposées à certains composés xénobiotiques et, à l’âge adulte, une plus grande fréquence du syndrome des ovaires polykystiques et de l’endométriose, et dans certains cas une augmentation d’incidence du cancer du sein.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.