Hypercalciurie et test de charge calcique : Quelle fiabilité des urines à jeun ?
S. Lemoinea (Pr), PO. Berthob (Dr), M. Perec (Dr), A. De Mula (Dr), C. Maillardd (Mme), K. Bachb (Dr), L. Derain Dubourga (Pr), L. Figueres*d (Dr)
a HCL Lyon, Explorations fonctionnelles rénales, Lyon, FRANCE ; b CHU de Nantes, Laboratoire de Biochimie, Nantes, FRANCE ; c CHU de Nantes, Biostatistique, Nantes, FRANCE ; d CHU DE NANTES, Néphrologie, Nantes, FRANCE
* lucile.figueres@gmail.com
Le test de charge calcique (TCC) constitue un outil essentiel dans l'exploration des hypercalciuries (PAK et al., NEJM, 1975). L’analyse des urines à jeun permet de distinguer les formes rénales et/ou résorptives (rapport calcium/créatinine élevé) des formes d’origine diététique (rapport normal). Toutefois, le seuil pathologique de ce ratio reste débattu, variant entre 0,35 et 0,40 mmol/mmol selon les équipes. Notre étude vise à évaluer la concordance diagnostique entre deux échantillons urinaires à jeun effectués lors d’un TCC, et leur valeur dans la classification physiopathologique de l’hypercalciurie.
Nous avons inclus rétrospectivement 392 patients adultes ayant réalisé un TCC entre 2018 et 2025 dans deux centres. Deux échantillons urinaires à jeun ont été comparés : U0 à l’arrivée et U1 une heure plus tard.
Parmi les patients inclus, 32 % avaient des résultats discordants entre U0 et U1 pour l’interprétation du ratio calcium/créatinine, avec une proportion identique dans les deux centres. Une hypercalciurie de concentration à l’arrivée (U0) était observée dans 27 % des cas. La classification physiopathologique (diététique, rénale, résorptive) à partir d’un seul prélèvement s’est révélée peu concordante avec le diagnostic final retenu, quel que soit le seuil utilisé. Le second prélèvement (U1) offrait une meilleure concordance, et le seuil de 0,40 mmol/mmol apparaissait comme le plus pertinent.
La réalisation et l’interprétation du TCC restent complexes, impliquant de nombreuses variables biologiques et contextuelles. Nos résultats mettent en évidence la variabilité des urines à jeun et soulignent l’intérêt de répéter les prélèvements pour améliorer la fiabilité du diagnostic phénotypique des hypercalciuries.
L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.