O. Devuyst*a (Pr)

a Institute of Physiology - UZH, Zürich, SUISSE

* olivier.devuyst@uzh.ch

La régulation du bilan hydrique («osmorégulation») implique des réponses neuronales et rénales qui ajustent la concentration urinaire en réponse aux changements de teneur en eau plasmatique. La capacité à concentrer l'urine reflète l'intégrité du rein et l'action de l'hormone antidiurétique (ADH) via son récepteur V2 (V2R). Le lien de l'ADH au V2R dans les cellules principales des canaux collecteurs augmente le taux d'adénosine monophosphate cyclique (AMPc), provoquant l'insertion de canaux à eau (aquaporine-2, AQP2) dans la membrane, facilitant ainsi le transport d'eau et la concentration de l'urine. L'importance de ce système est démontrée par la conservation de neuropeptides liés à l'ADH chez le nématode Caenorhabditis elegans, où ils régulent la chimiotaxie du sel et donc l'osmorégulation. Tout défaut dans le mécanisme ADH-V2R-AMPc-AQP2 altère le processus de concentration urinaire, comme en témoignent le diabète insipide ou le syndrome d'antidiurèse inappropriée. La production excessive d'AMPc en aval du V2R a été associée à la progression de la polykystose rénale autosomique dominante (ADPKD), une des maladies génétiques les plus fréquentes (affectant 1 personne sur 1'000). Les découvertes scientifiques de base et les études précliniques ont justifié des études interventionnelles soutenant l'utilisation de bloqueurs spécifiques du V2R (e.g. Tolvaptan) chez des patients atteints d'ADPKD évoluant rapidement. Des protocoles évaluant l'effet d'une augmentation de l'apport hydrique chez des patients ADPKD ou atteints d'autres maladies rénales sont en cours. Ces avancées ouvrent des perspectives pour la compréhension des mécanismes de l'osmorégulation, la progression de maladies rénales, et l'action pléiotropique de l'ADH.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.